prescrire

J'ai peut-être parlé de la revue Prescrire. C'est la seule revue médicale indépendante de langue française (avec "les cahiers de la médecine utopique", qui est une revue d'approche philosophique.) Cette revue présente les nouveaux médicaments, leur intérêt éventuel, fait le point sur les situations fréquentes en médecine générale. La revue est aussi un outil de formation continue, à travers plusieurs outils, dont les "thématiques", auxquelles je suis abonnée également, et le "test de lecture mensuel", auquel je n'ai pas adhéré par flemme, les Thématiques suffisant à ma pratique.

Les dernières abordées étaient "rein et troubles urinaires", "troubles psychiques", nous travaillons actuellement "périnatalité" et nous verrons bientôt "troubles hormonaux et cancers endocriniens". Une bonne révision à chaque fois,  pour la pratique généraliste.

J'ai dit "revue indépendante?" C'est ça. Revue sans pub, payée par ses abonnés, qui se payent aussi pour ceux qui le souhaitent un petit congrès tous les deux ans (un jour et demi) pour échanger sur leur pratique médicale.

Et pour se sentir un peu moins seuls, parfois, parce qu'on peut avoir l'impression que la médecine basée sur des preuves, ça n'intéresse pas grand monde.

Etant plus jeune et innnocente, j'ai assisté une fois à un supposé "premier congrès de médecine générale", qui était en fait une tribune sponsorisée de nouveautés  ou produits inutiles et/ou  dangereux  proposées dans des indications élargies et/ou fumeuses: gliptines, coxibs, prégabaline,donépézil, et j'en passe. Le rofécoxib a été depuis retiré du marché. Lors des réunions "d'information de ce "congrès", soulever la moindre objection était très mal perçu non seulement du présentateur, mais aussi de l'assistance. Lesdits laboratoires nous offraient le déjeuner. Il m'est resté sur l'estomac.Je me suis dit plus jamais.

J'ai déjà épluché à fond des articles de Prescrire. Argumentation. Références

Je ne vais pas le faire pour tous: c'est impossible. Mais mon échantillonnage est convaincant, et si je décide de faire confiance, c'est à des indépendants qui quitte à se répéter, ne recherchent qu'une chose: des preuves, des preuves,  et quand il n'y en a pas et en situation d'incertitude, des arguments de décision.

Et quand les connaissances évoluent, qui mettent à jour, même quand la vérité est déplaisante, car le premier intérêt, c'est celui du malade.