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Si vous êtes allemand, c'est simple: les thérapeutes non médecins passent un examen d'état, qui délivre le diplôme de "Heilpraktiker". Ce diplôme repose sur un socle de connaissances concernant le corps humain et les maladies, dont 33 maladies infectieuses. Munis de ce diplôme, leur pratique de soignant est légale. Heilpraktiker, souvent traduit par "naturopathe", veut dire littéralement "praticien de  santé"; "Thérapeute" en est une traduction plus juste. Historiquement, ce diplôme visait à assurer la sécurité des pratiques empiriques.

En France, tout un chacun peut se dire guérisseur, mais prétendre soigner est illégal pour un non-médecin. Les pratiques empiriques existent tout autant. Elles s'appellent simplement pratiques de bien-être. Leur sécurité repose, uniquement, sur les qualités personnelles du thérapeute puisqu'aucune connaissance minimale n'est requise.

Quelles techniques?

-- Un soin relationnel de qualité: empathie, écoute, d'autant plus appréciés qu'ils manquent souvent au monde médical, en particulier faute de temps.

-- des techniques corporelles, telles que massages, digitopuncture (que l'on peut comparer à de l'acupuncture sans aiguilles), apposition des mains. Les techniques peuvent être issues de traditions diverses, découvertes par le praticien lui-même au gré de son expérience, ou une combinaison des deux. Les traditions occidentales ou non-occidentales de guérison par le toucher sont nombreuses. A l'exception notable des manipulations vertébrales, ces techniques sont sans danger.

Quels effets?

Les douleurs et le mal-être sont les cibles privilégiées des techniques empiriques, qui peuvent apporter des améliorations durables.

Quels mécanismes?

Les mécanismes sont non  connus . C'est la définition même de l'empirisme: quelque chose qui fonctionne, sans savoir comment. Des mots sont parfois prononcés: magnétisme, bio-énergie, ou intervention divine pour expliquer, selon le thérapeute, les améliorations obtenues. Ce que l'on peut dire scientifiquement aujourd'hui, c'est qu'il s'agit de soins relationnels psycho-corporels qui produisent régulièrement  de bons résultats.

Quels écueils?

Les relations d'emprise et les abus,y compris financiers et sexuels, déjà possibles dans le monde médical, sont bien plus faciles avec des thérapies empiriques, car il n'y a pas de référentiel auquel les comparer pour juger du caractére approprié d'une pratique. La méconnaissance d'une maladie grave pour laquelle une solution médicale existe est un autre problème.

Le choix du bon sens

Entre la maladie et la santé, il y a une zone grise, où trouvent leur place toutes les pratiques de bien être, dont les thérapeutes non médecins.On y trouve également les pratiques de prévention. Les unes et les autres sont aujourd'hui mal évaluées. Le bon sens , c'est, selon moi, que "tout ce qui marche est bon à prendre".

En cas de maladie, le thérapeute de confiance vous conseillera de voir en premier lieu votre médecin.Il  n'exigera pas de vous des honoraires exorbitants, ni  d'adhérer à une quelconque croyance. Il n'utilisera pas d'explication pseudo-scientifique conférant à des objets ou produits des vertus thérapeutiques.

Il partagera avec vous une expérience, et une approche relationnelle personnalisée. Vous vous sentirez plus fort de l'avoir rencontré et c'est à cela que vous le reconnaitrez.