ethique

En médecine, on travaille parfois en situation d'incertitude; mais pas toujours.

On apprend que des nonagénaires décèdent de la grippe, y compris parmi les vaccinés: si les vaccins étaient efficaces à 100%, ça se saurait. Si les grands vieillards avaient l'immunité des sujets jeunes, ça se saurait aussi.

Dans l'ehpad de Lyon où 13 vieillards sont décédés, 1 vieillard sur 2 vacciné, un soignant sur 5.

Le grand scandale , qui commence à venir sous les projecteurs, c'est que les gens qui s'occupent desdits vieillards, ne se vaccinent pas; pas plus que l'entourage, probablement. D'autant, que soignants et entourage ne sont pas clairement informés de l'intérêt de la chose.

On peut dire plus simplement: tout ce petit monde considère qu'un vieillard de 90 ans, a le bon âge pour mourir: on ne va  pas l'assassiner directement, mais on se balance royalement de lui transmettre la grippe, dont il décèdera dans un cas sur dix.

Sauf que.

Je rencontre des soignants en formation. Je leur demande où ils vont en stage cet hiver; ce peut être en réanimation ou en pédiatrie, ils ne se font pas vacciner pour autant. Parce que "personne ne le fait dans le service".

La personne qui va en pédiatrie m'a dit qu'elle y réfléchirait, après que je l'aie informé qu'on peut être porteur sain de la grippe.

Ce qui veut dire qu'aucun de ses formateurs ou de ses maîtres de stage ne lui avait passé clairement l'info avant.

Il vaudrait mieux que ça change. Parce que, jeunes d'aujourd'hui, si vous avez de la chance, vous êtes les nonantenaires de demain. Et si vous n'en avez pas, vous passerez peut-être en réanimation, ou vos enfants en pédiatrie.